2.

JE M'INFORME

1- Opinion et information : quelles différences ?

OBJECTIFS

Acquérir une méthodologie pour distinguer un texte d’opinion d’un texte d’information

DESCRIPTION

Au cours de cette activité, les participant.e.s seront amené.e.s à distinguer les textes d’opinion des textes d’information, en leur faisant analyser, puis rechercher par eux-mêmes des textes d’opinion et d’information concernant la campagne en cours.

COMPÉTENCE(S) MAJEURE(S) ACQUISE(S)


  • Savoir faire la différence entre un texte d’opinion et un texte d’information
  • Exercer son esprit critique

SOCLE COMMUN

Domaine 2 : les méthodes et outils pour apprendre
Médias, démarches de recherche et de traitement de l'information

Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen
Réflexion et discernement

DURÉE

50'

RESSOURCES


D’une façon générale, concernant l'Éducation aux médias, nous conseillons les vidéos pédagogiques d’un professeur ayant créé une chaîne vidéo : Hygiène Mentale.
Plus particulièrement, concernant cette activité :


MATÉRIEL NÉCESSAIRE


  • Fiches exercice : Le tableau des indices + Corpus de textes
  • Connexion internet / Salle informatique

MÉTHODE SUGGÉRÉE

POUR COMMENCER (5'): Demander aux participant.e.s de donner la définition d’une information et d’une opinion.
Discuter de ces définitions avec eux, et les compléter au besoin. Les écrire de façon visible sur le tableau ou une feuille de paperboard.
ÉTAPE 1 (15') : Distribuer l’exercice aux participant.e.s. En individuel, chacun.e essaie de trouver quel texte est un texte d’opinion et quel texte est un texte d’information.
Leur demander leurs réponses, faire un retour rapide des indices trouvés.
ÉTAPE 2 (20') : Avec une connexion internet :
1/ Mettre les participant.e.s en petits groupes.
2/ Demander aux participant.e.s de trouver sur internet un texte d’information et un texte d’opinion concernant la campagne électorale en cours.
Leur demander de noter la méthode de recherche, la source, et les indices qui leur ont permis de faire la différence entre les deux (pour gagner du temps ou si vous n'avez pas accès à une salle informatique, vous pouvez distribuer aux participant.e.s des textes que vous serez préalablement allés chercher).
3/ Demander aux élèves de présenter rapidement les textes trouvés avec les informations demandées ci-dessus.
ÉTAPE 3 (10') : Faire un retour avec les participant.e.s :
  • Ont-ils trouvé facile ou difficile de trouver des textes d’informations et d’opinion concernant la campagne ? Pourquoi ?
  • Étaient-ils tous d’accord dans leur groupe sur l’analyse des textes ? Si non, comment ont-ils décidé ?

VARIANTES OU PROLONGEMENTS

Proposer aux participant.e.s (éventuellement en binôme) de se mettre dans la peau d’un.e journaliste et d’écrire deux brèves sur un même sujet mais avec les deux approches : une brève informative et une brève d’opinion. Une fois rédigées, les brèves sont lues par son auteur (ou ses auteurs) devant les autres participant.e.s qui doivent alors identifier ce qui est un texte informatif et ce qui est un texte d’opinion en expliquant leur choix.

DISCUSSIONS ET PERSPECTIVES

Encourager les participant.e.s à créer leur propre média d’information ou d’opinion (blog, journal, radio...).
Dans le cadre scolaire, vous pouvez vous référer aux ressources du CLEMI ou à celles de l’association Jets d’encre, qui promeut la presse d’initiative jeune.

EXERCICE


Le tableau des indices



Tableau comparatif des textes d'information et d'opinion
Définitions : Les informations
sont des faits avérés ou des connaissances généralement admises.
On peut les vérifier (dans un dictionnaire, une encyclopédie, en allant voir...) et les classer comme vraies ou fausses,
selon le cas
Les opinions
sont le point de vue, l’avis ou la position intellectuelle particulière d’une personne donnée.
On ne les considère comme vraies ou fausses que lorsqu’elles sont vérifiables (ce qui est rare).
Le reste du temps, on les considère comme des jugements individuels, ni plus vrais ni plus faux que d’autres jugements individuels

Comment reconnaître un texte d'information ?
Comment reconnaître un texte d'opinion ?
Indices Texte rédigé de façon impersonnelle :
Utilisation des pronoms il/on
Texte rédigé de façon personnelle :
Utilisation de pronoms personnels : je/nous
et de pronoms possessifs : ma, mon, vos, votre
ExempleIl est exactement 12 heures.
Il y a 300 espèces de coléoptères dans cette zone.
On a recensé la population l’an dernier.
Je suis persuadé que le résultat sera favorable.
Nos connaissances en la matière nous donnent à penser que ...
Quels indice avez-vous trouvé dans les textes 1 et 2 ?

Indices Utilisation d'un ton neutre :
Sans terme appréciatifs =
sans mots qui transmettent un jugement favorable ou défavorable
Utilisation de terme appréciatifs
= avec des mots qui transmettent un jugement favorable ou défavorable
Quels indice avez-vous trouvé dans les textes 1 et 2 ?

Indices Utilisation d'une ponctuation neutre (.) Utilisation d'une ponctuation expressive (?!)
Quels indice avez-vous trouvé dans les textes 1 et 2 ?

Indices Vocabulaire neutre et ton sérieuxVocabulaire expressif, utilisation de superlatifs, d’adjectifs qualificatifs,
d’un ton humoristique ou ironique.
Quels indice avez-vous trouvé dans les textes 1 et 2 ?


Le texte ... est un texte d'opinionLe texte... est un texte d'information





Textes d’information ou d’opinion?



Consigne :

Vous devez distinguer, parmi les deux textes ci dessous, lequel est un texte d’information et lequel est un texte d’opinion.

Pour répondre, vous pouvez vous aider du Tableau des indices (tableau comparatif des textes d’information et d’opinion) pour trouver les indices dans les deux textes.


Eléments de contexte :

En 2015 s’est tenue à Paris une grande conférence internationale sur le climat appelée la COP 21. Cette conférence  avait pour objet de trouver des solutions pour limiter le changement climatique.Tous les pays membres de l’Organisation des Nations-Unis (ONU) y étaient représentés.


Texte 1 : En dessous de 2 °C, si possible 1,5 °C


L’accord est plus ambitieux que l’objectif initial de la COP21, qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. Il prévoit de le maintenir « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ». Et ce « en reconnaissant que cela réduirait significativement les risques et impacts du changement climatique. »


La mention du seuil de 1,5 °C était une revendication portée par les petits Etats insulaires menacés de submersion par la montée des mers. Elle a surtout une portée symbolique et politique, rester sous le plafond de 1,5°C étant irréaliste en l’état actuel des émissions mondiales de gaz à effet de serre.


Ce volontarisme est contrebalancé par la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ». Des versions antérieures retenaient un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays, ont été gommées. A plus long terme, « dans la seconde moitié du siècle », l’objectif est de parvenir à « un équilibre » entre les émissions d’origine anthropique et leur absorption par des puits de carbone (océans, forêts ou, sans que le texte le formule explicitement, enfouissement du CO2).


Rappelons que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) juge nécessaire de baisser de 40 % à 70 % les émissions mondiales d’ici à 2050, pour éviter un emballement climatique incontrôlable.


 Pierre Le Hir, Le Monde.fr du 12.12.2015



Texte 2 : "La COP21 : et après ?"


Au cours de la COP21, il y eu cette surprise assez générale de l’inscription de « 1,5° si possible ». La légitimité politique de cet objectif est indéniable car les impacts sont déjà très graves sur certaines îles avec cette limite, et il serait difficile de signer un accord général qui signe la mort de certaines îles. Il s’agit d’une monnaie d’échange. Mais il y a une contradiction : on ne se donne pas les moyens, le schisme reste entier ! Tous les scientifiques dont je décortique les textes disent que nous avons encore entre 5 et 8 ans au rythme actuel des émissions mondiales et qu’il faudra après une chute radicale, abrupte et générale, de tous les pays : on ne peut pas dire à la fois qu’il faut baisser les émissions mondiales et qu’il y a le droit au développement, ou nous irons à vraisemblablement 3° de plus. Inscrire 1,5 ° dans l’Accord sans désigner comment il faut faire est ridicule (...) Le lendemain de la COP, il y a le chômage, l’immigration, les problèmes géopolitiques mondiaux, etc. Les écologistes disent que la transition écologique est la solution à ces problèmes, mais ils ne sont pas crédibles et leurs idées ne sont pas reprises par leurs alliés ou eux-mêmes !


Amy Dahan, historienne des sciences et directrice de recherche émérite au CNRS et co-auteur de Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales. Ce texte est issu d’une conférence organisée à la Fondation Jean Jaurès le 5 avril 2016.