3.

MON OPINION

6- Le vote blanc est-il une opinion ?

OBJECTIFS

  • Connaître la problématique du vote blanc
  • Comprendre l’impact que peut avoir le vote blanc, en fonction de sa prise en compte dans le système électoral
  • Se positionner personnellement sur la question du vote blanc

DESCRIPTION

Au cours de cette activité, les participant.e.s seront amené.e.s à découvrir ou approfondir la question du vote blanc, en étudiant différents scénarios de prise en compte de ce dernier. Après cette étude de cas, les participant.e.s seront invité.e.s à exprimer leur positionnement personnel sur le vote blanc dans le système électoral français, spatialement et oralement.

COMPÉTENCE(S) MAJEURE(S) ACQUISE(S)


  • Analyser, comparer, comprendre des situations et leurs différences
  • Exprimer sa position sur un sujet

SOCLE COMMUN

Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen
Expression de la sensibilité et des opinions, respect des autres

Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen
Réflexion et discernement

DURÉE

50'

RESSOURCES


Sur le vote blanc :
- Article sur Vie Publique : Abstention, vote blanc et vote nul quelle différence ?
- “La loi “reconnaissant” le vote blanc : l’art de prendre les électeurs pour des pions”, par Charles-Edouard Sénac (Revue générale du droit - février 2014)
- “Élections : voter blanc, ça ne compte (presque) plus pour des prunes” par Marie Simon (L’express - mars 2014)

Sur le déroulement de l’élection présidentielle.

MATÉRIEL NÉCESSAIRE


  • Une fiche exercice par participant.e
  • Quatre affichettes pour le “débat en croix” : “A du sens aujourd’hui”, “N’a pas de sens aujourd’hui” “Devrait être comptabilisé” “Ne devrait pas être comptabilisé”
  • Disposition de la salle laissant un espace vide suffisamment grand pour que l’ensemble des participant.e.s se positionnent sur le “débat en croix”

MÉTHODE SUGGÉRÉE

POUR COMMENCER (10'):
  • Questionner les participant.e.s sur ce qu’est un vote blanc ? Quelle est la différence avec un vote nul ? Le vote blanc est-il pris en compte dans les élections françaises ?
  • L’enseignant.e ou l’animateur.trice revient sur la distinction entre vote blanc et vote nul :
Un vote blanc désigne un vote, dépourvu de nom de candidat (bulletin blanc ou enveloppe vide). Ce vote montre que l’électeur a voté (il est donc différent de l’abstention qui consiste à ne pas voter), mais n’a pas souhaité choisir une des personnes ou une des listes candidates.
Les bulletins nuls sont les bulletins raturés ou non-conformes au code électoral (par exemple si une personne écrivait un nom sur le bulletin, à la place du candidat écrit, ou encore plaçait deux bulletins dans l’enveloppe).
  • L’enseignant.e ou l’animateur.trice effectue un rappel sur le fonctionnement du mode de scrutin pour l’élection présidentielle en France. Cet élément doit être bien compris avant de réaliser l’étude de cas proposée en exercice.
En France, dans le cadre de l’élection présidentielle, pour être élu.e au premier tour, un.e candidat.e doit avoir obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés (soit 50% des voix plus une). Sinon, un deuxième tour est organisé 15 jours plus tard : ne peuvent y participer que les deux candidat.e.s arrivé.e.s en tête des suffrages lors du premier tour. Au second tour, est élu.e le candidat ou la candidate qui a obtenu la majorité simple.
ÉTAPE 1 (20') : Étude de différents scénarios sur le vote blanc
Distribuer une fiche exercice par participant.e et inviter chacun.e à la remplir individuellement. Faire une correction collective.
ÉTAPE 2 (15') : Débat en croix sur le vote blanc
Préparation :
On dessine ou imagine un repère orthonormé sur le sol avec des propositions au bout de ses axes. Chaque axe concerne une proposition avec sa version négative d’un côté et positive de l’autre. Entre ces deux extrêmes, il existe donc de multiples positions intermédiaires (on peut l’imaginer comme une échelle).
Sur un axe, on place donc d’un côté l’affichette “A du sens aujourd’hui”, et de l’autre l’affichette “N’a pas de sens aujourd’hui”. Sur l’autre axe, on trouvera : “Devrait être comptabilisé” / “Ne devrait pas être comptabilisé”

Déroulement :
L’enseignant.e ou l’animateur.trice présente l’objectif de l’animation et son déroulement :
  • Il s’agit pour chacun.e de se positionner selon son opinion par rapport au vote blanc suite à l’exercice précédent. Contrairement au débat mouvant, il ne s’agit pas ici de débattre entre deux camps mais de prendre position chacun.e sur le sujet, spatialement puis oralement pour expliquer sa position.
  • Les participant.e.s doivent donc se positionner, en fonction des deux axes, sur les deux propositions. Il est possible de se positionner dans un des 4 carrés formés par le repère, mais également sur un axe.
  • L’animateur.trice ou l’enseignant.e invite chaque participant.e à réfléchir deux minutes à son opinion, puis à se positionner sur le repère. Ensuite, l'animateur.trice propose aux personnes qui le souhaitent d'exprimer pourquoi elles se sont positionnées à l'endroit où elles sont.
ÉTAPE 3 (5') : Synthétiser les différentes positions exprimées par les participant.e.s. en lien avec les cas étudiés sur l’exercice précédent.
Il est important de revenir sur le fait que la prise en compte du vote blanc est différente en fonction des États et de leurs systèmes électoraux, systèmes qui par ailleurs, sont amenés à évoluer au cours de l’histoire.

VARIANTES OU PROLONGEMENTS

En guise de prolongement, il est possible de proposer un exercice de création : qu’adviendrait-il si une majorité d’électeurs et d’électrices votait blanc, comme dans le livre de l’écrivain portugais José Saramago : La lucidité ? Les participant.e.s peuvent être invité.e.s à en discuter, à écrire une rédaction, à jouer une scène, etc.

DISCUSSIONS ET PERSPECTIVES

En fonction du degré de compréhension du groupe sur le vote blanc, il est possible de les amener à s’interroger sur la question de l’abstention et notamment sur les causes de l’abstention. Selon vous, si le vote blanc était comptabilisé parmi les suffrages exprimés en France, cela aurait-il une incidence sur l’abstention ?

EXERCICE


Scénarios sur le vote blanc



Nous allons étudier plusieurs scénarios possibles concernant le vote blanc à partir de deux études de cas différents.



Etude du Cas n°1 :



Voici les résultats fictifs, en nombre de voix, d’une élection présidentielle, au premier tour. Pour rappel, pour être élu au premier tour, un.e candidat.e doit avoir obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés (soit 50% des voix plus une). Sinon, un deuxième tour est organisé : ne peuvent y participer que les deux candidat.e.s arrivé.e.s en tête des suffrages lors du premier tour. Au second tour, est élu.e le candidat ou la candidate qui a obtenu la majorité simple.



Sur 1000 votes :


  • 150 personnes ont voté blanc,

  • 450 personnes ont voté pour le candidat A

  • 280 pour le candidat B

  • 80 pour le candidat C

  • 40 pour le candidat D



Pour chacun des deux scénarios suivants, calculez le % obtenu par chaque candidat, ainsi que pour le vote blanc. Que se passe-t-il à l’issue du premier tour ?


Est-ce que le candidat élu à la fin de l’élection peut être différent selon le scénario étudié ?



Scénario 1 : le cas français actuel


Les bulletins blancs sont décomptés à part des votes dit « nuls ». Il en est fait mention dans les résultats, mais ils n’entrent pas en compte dans la détermination des suffrages exprimés. Cela veut donc dire qu’on calculera le % obtenu par un candidat sur l’ensemble des votes moins les votes nuls et blancs.



Scénario 2 : l’exemple de la Suisse ou de l’Uruguay :


Les votes blancs sont comptabilisés au premier tour de l’élection parmi le total des votes.








Etude du Cas n°2 :



Voici les résultats fictifs au second tour d’une élection présidentielle.



Sur 1000 votants :


  • 520 personnes ont voté blanc

  • 350 personnes ont voté pour le candidat A

  • 130 personnes ont voté pour le candidat B



Pour chacun des deux scénarios suivants, calculez le % obtenu par chaque candidat, ainsi que par le vote blanc. Que se passe-t-il à l’issue des élections selon chaque scénario ?



Scénario 3 : le cas actuel français (comme pour le scénario 1).



Scénario 4 : l’exemple de la Colombie


Le vote blanc est comptabilisé comme les autres votes, s’il obtient plus de 50% des votes, l’élection est alors annulée. Une nouvelle élection est organisée, à laquelle les candidats précédents ne peuvent se représenter.





CORRECTION


Correction :





Etude du cas 1




Scénario 1 :



150 votes blancs = 15%


Les votes blancs représentent 15% des suffrages, ils sont décomptés à part des votes nuls mais ne rentrent pas en compte dans le total des votes exprimés.


1000-150 = 850 votes exprimés


Candidat A : 450/850 x100 = 52,9%


Candidat B : 32,9%


Candidat C : 9,4%


Candidat D : 4,7%


Le candidat A a la majorité absolue, il est donc élu dès le premier tour des élections.


Ceci n’est jamais arrivé au cours de la Vème république, bien que le système électoral français le permette. Le score maximum atteint a été obtenu par Charles de Gaulle avec 44,6% au premier tour en 1965.



Scénario 2 :


Les résultats sont calculés, au premier tour sur l’ensemble des votes. Soit :


Vote blanc : 15%


Candidat A : 45%


Candidat B : 28%


Candidat C : 8%


Candidat D : 4%


Un second tour est donc organisé avec les candidats A et B.



Etude du cas 2 :



Scénario 3 :


52%, donc la majorité des votants, ont voté blanc.


Cependant le vote blanc n’est pas comptabilisé, les résultats sont toujours calculés sur les votes exprimés.


1000 - 520 = 480 votes expimés


Candidat A = 350/480 x100 = 72,9%


Candidat B = 27,1%



Le candidat A remporte donc le deuxième tour (35% des votants ont en réalité voté pour lui).


Scénario 4 :


52%, soit la majorité des votants, ont voté blanc


Candidat A : 35%


Candidat B : 13%


Les élections sont donc annulées. Une nouvelle élection est organisée, à laquelle les candidats A et B ne peuvent se représenter.


En Colombie, où ce fonctionnement est en vigueur, si lors de la deuxième élection, le vote blanc dépasse encore les 50%, le candidat recueillant le plus de suffrages sera élu. L’élection ne peut être réorganisée qu’une fois.


Ce cas s’est déjà présenté sur des élections municipales à Bello en 2011, où l’unique candidat Londoño, perdit contre le vote blanc ( 56,7% des suffrages sur 124 897 votes). Une deuxième élection fut donc organisée, ou l’ex-candidat ne put se représenter (Source : http://www.eltiempo.com/archivo/documento/CMS-10671839)