1.

MA DEMOCRATIE

8- Débat : pour ou contre le vote obligatoire ?

OBJECTIFS

  • Prendre connaissance des arguments contradictoires sur une question qui fait polémique, le vote obligatoire
  • Exprimer un point de vue et écouter les arguments des autres

DESCRIPTION

Au cours de cette activité, les participant.e.s seront amené.e.s à participer à un débat mouvant afin d'échanger sur la possibilité de rendre le vote obligatoire en France.

COMPÉTENCE(S) MAJEURE(S) ACQUISE(S)


  • Améliorer et mettre à l’épreuve ses compétences de communication au sein d’un groupe (expression, écoute, argumentation, prise en compte de l’avis des autres).
  • Échanger sur sa vision du vote.

SOCLE COMMUN

Domaine 1 : les langages pour penser et communiquer
Comprendre, s'exprimer en utilisant la langue française à l'oral et à l'écrit

Domaine 3 : la formation de la personne et du citoyen
Expression de la sensibilité et des opinions, respect des autres

DURÉE

50'

RESSOURCES




MATÉRIEL NÉCESSAIRE


  • Salle aménagée pour favoriser les déplacements des participant.e.s et/ou le travail en petis groupes
  • Corpus documentaire (en annexe)

MÉTHODE SUGGÉRÉE

POUR COMMENCER (10'): Proposer aux participant.e.s de lire l'un des textes du corpus documentaire (ou l'ensemble si vous avez le temps) et de souligner les différents arguments utilisés.
ÉTAPE 1 (5') : Expliquer le principe du débat mouvant et instaurer des règles de prise de parole :
  • Le débat mouvant consiste à proposer à un groupe des affirmations, dont la formulation permet aisément de se définir comme étant « d’accord » ou « pas d’accord » avec elles. Par exemple : “il faut rendre le vote obligatoire”
  • Les participant.e.s doivent se positionner à des endroits différents de la salle, selon qu’ils sont “d’accord” ou “pas d’accord”. Variante possible : les participant.e.s indécis.e.s ont la possibilité de se placer au milieu de la salle sur ce qu’on appellera “la rivière du doute”.
  • Selon les règles de prise de parole, chaque camp développe ses arguments et tente de convaincre les participant.e.s du camp adverse (et les éventuel.le.s indécis.es), qui peuvent alors changer de camp.
ÉTAPE 2 (20') :
  • Enoncer l’affirmation “il faut rendre le vote obligatoire en France”
  • Laisser un temps de réflexion aux participant.e.s pour réfléchir à leur positionnement et construire leur argumentation, puis leur demander de se positionner dans l’espace, selon qu’ils sont “d’accord” ou “pas d’accord”
  • Chacun.e développe ensuite son argumentation et tente de convaincre les participant.e.s du camp adverse et les éventuelles personnes indécises.
  • Une fois que tous les participant.e.s se sont exprimé.e.s ou que les arguments commencent à se répéter, clôturer le débat en faisant la synthèse des arguments exprimés, en apportant des compléments d’information (et en nuançant au besoin) et en développant les arguments manquants.
ÉTAPE 3 (15') : Proposer un retour individuel : chaque participant.e écrit un paragraphe résumant sa position et les trois arguments qu’il ou elle estime les plus solides.

VARIANTES OU PROLONGEMENTS

  • Sur le fond, le débat peut également porter sur “Le droit de vote à 16 ans : pour ou contre ?”, également proposé dans l’étape 4 “Je vote” du parcours.

  • Sur la forme, d’autres techniques d’animation de débat sont possibles (selon le temps disponible, la taille du groupe, vos envies, …)

DISCUSSIONS ET PERSPECTIVES

Le débat sur le vote obligatoire renvoie à l’obligation de choisir. La discussion peut donc dériver sur la question du vote blanc et de sa prise en compte dans les suffrages exprimés. Certains pays où le vote est obligatoire, comme le Pérou, ont d’ailleurs intégré la comptabilisation du vote blanc. Sur cette question, en prolongement, la fiche “Le vote blanc est-il une opinion ?” proposé dans l’étape 3 “Mon opinion” du parcours peut être proposée.

ANNEXES


Corpus documentaire


Sur le site www.vie-publique.fr : Le droit de vote : une obligation pour certains pays


Débat : pour ou contre le droit de vote obligatoire - Le parisien (2015)


Rendre le vote obligatoire : un jeu dangereux. Par Olivier Caremelle, adjoint au Maire de Lomme - Le Plus de l’Obs (2015)


Vive le vote obligatoire !  Par Louis-Georges Tin, président du CRAN, et Michel Wieviorka, président du Conseil scientifique du CRAN (14/12/2011) - Le Monde


L'abstention témoigne toujours des carences et des limites de la démocratie. Elle est d'autant plus préoccupante, en France, qu'elle s'accroît de manière soutenue. Pour les élections européennes, son taux est passé en trente ans de 39 % à 59 %. Pour les législatives, en vingt ans, elle a augmenté de 20 points. Les enquêtes le disent bien : ce sont surtout les plus défavorisés qui s'abstiennent. Ils ne votent pas parce qu'ils n'attendent rien de la politique. Ils pensent que les acteurs politiques ne s'intéressent pas à eux ; et les politiques s'intéressent peu à eux parce qu'ils savent qu'ils ne votent pas. Il faut sortir de ce cercle vicieux.


(...) Une mesure simple, même si elle ne prétend évidemment pas résoudre tous les maux, pourrait mettre fin à l'abstention : le vote obligatoire. Le concept n'est pas nouveau. Sa première application remonte à 1862. Il est pratiqué dans plusieurs pays, au Brésil, en Bolivie, en Australie, par exemple et, en Europe, chez nos voisins, en Italie, en Grèce, en Belgique. (...) Evidemment, nous entendons d'ici les objections : le droit de vote est une liberté, dont on peut user, ou non. Pourquoi transformer la liberté en contrainte ? N'avons-nous pas assez d'obligations tous les jours, sans en ajouter une de plus ? Nous répondons ici : le vote est un droit, c'est aussi un devoir. Y renoncer, se résigner à l'abstention et, actuellement, à sa montée, c'est contribuer à une régression. Par ailleurs, l'obligation n'est pas forcément contraire à la liberté. Depuis les débuts de la Troisième République en France, l'école est obligatoire. Est-ce un obstacle à la liberté ? Non, bien au contraire, cette obligation permet de former les enfants et d'en faire des citoyens responsables. L'école contribue à la formation du citoyen, elle est obligatoire. Pourquoi le vote, qui constitue l'expression du citoyen, ne pourrait-il l'être lui aussi ? Bref, le vote obligatoire, c'est comme l'école obligatoire : c'est la République (...) En même temps que l'on fera du vote une obligation, il convient que les autorités prennent les mesures pour en faciliter l'exercice, par exemple en favorisant le vote par procuration ou par Internet, pour toutes les personnes empêchées, en situation de handicap, en déplacement fréquent, etc. En rouvrant ce débat, qui pourrait être l'occasion de faire œuvre de pédagogie, nous rouvrons en même temps celui sur la prise en compte du vote blanc, car si les citoyens prennent la décision de s'exprimer de cette façon, il faut que leur choix soit comptabilisé, et non pas laissé de côté ou confondu avec les votes nuls.
Qui dit obligation dit sanctions. Selon nous, celles-ci doivent être légères, raisonnables et pédagogiques. Nous excluons les pénalités financières, qui reviendraient à tenter de faire payer les plus pauvres – une fois de plus –, et les pénalités civiques, qui retirent des droits, au lieu d'en octroyer davantage. S'il faut des sanctions, leur forme reste à définir, ce qui appelle réflexion et débat.

Fichier joint :